Hoang Tich Chu (1912-2003) Vue du delta du fleuve Rouge, 1985, Laque et feuille d'or sur panneau en bois 70 x 100 cm Estimation : 15 000-20 000€
Hoang Tich Chu (1912-2003) Vue du delta du fleuve Rouge, 1985, Laque et feuille d'or sur panneau en bois 70 x 100 cm Estimation : 15 000-20 000€

Modernité Vietnamienne Chez Bonhams Cornette De Saint Cyr À Paris Le 14 Décembre 2022

Paris – Bonhams Cornette de Saint Cyr organise à Paris le 14 décembre pour la première fois une vente intitulée La Modernité Vietnamienne sous la direction de la spécialiste Joan Yip. Mélanges des traditions vietnamiennes et françaises, les peintures rassemblées dans cette vente explorent non seulement l’âge d’or de l’art vietnamien (1930-1945) mais aussi la période antérieure ainsi que l’après-guerre avec des tableaux signés d’artistes vietnamiens tels que Le Pho, Nguyen Phan Chanh, Hoang Tich Chu, Diep Minh Chau et aussi d’artistes français ayant vécu au Vietnam comme Henri Mège ou Gaston Roullet.

Ces pionniers de l’art moderne vietnamien ont été formés pour la plupart à la prestigieuse École des Beaux-Arts d’Indochine à Hanoi (EBAI), créée par le gouvernement colonial français en 1925, sous la direction de Victor Tardieu (1870-1937). Ces artistes ont maîtrisé les techniques et les médias européens – notamment la peinture à l’huile – et ont transposé le travail au pinceau, le dessin d’après nature, la peinture en plein air et une utilisation particulière de la couleur avec leur propre tradition artistique, créant ainsi une nouvelle identité visuelle dans l’art moderne vietnamien.

Dans les années 1940, les artistes de l’EBAI ont progressivement commencé à se détacher du style européen pour créer le leur notamment en utilisant la laque, l’une des plus anciennes traditions artistiques d’Asie. Cette idée a été lancée par un Français, Joseph Inguimberty (1896-1971), qui a encouragé ses étudiants à combiner la peinture moderne avec les techniques traditionnelles comme la laque. L’apogée de l’art vietnamien de la laque a donné lieu à des approches innovantes de la peinture de scènes pittoresques de paysages et de villages vietnamiens, ainsi qu’à de merveilleuses réinterprétations de sujets traditionnels tels que les cerfs, les poissons rouges, les personnages et les fleurs.

Après avoir obtenu son diplôme de l’École des Beaux-Arts d’Hanoi en 1941, Hoang Tich Chu (1912-2003) a ouvert un atelier de laque à Hanoi. Les amateurs se voyaient proposer des vues de Hanoi ainsi que des lieux proches comme la Pagode du Maître Tay, Bac Ninh, la Baie d’Halong ou des églises d’Hué. Après cette période classique, l’artiste aborde une période réaliste après 1954 où son trait devient plus lâche et sa palette plus colorée. Dans les années 80, il rentre dans une période symboliste. Vue du delta du fleuve Rouge provient de la collection d’un diplomate européen en poste au Vietnam dans les années 80 qui l’achetée directement à l’artiste en novembre 1986. L’artiste utilise ici une riche palette de couleurs, en particulier le bleu et vert bleu qui remplacent le rouge traditionnel, surlignés par des feuilles d’or et des coquilles d’œuf. Estimation : 15 000-20 000€.

Nguyen Phan Chanh (1892-1984)

Retour au village, 1955, encre et peinture sur soie, 85x63cm

Estimation : 30 000 – 50 000 €
Nguyen Phan Chanh (1892-1984) Retour au village, 1955, encre et peinture sur soie, 85x63cm Estimation : 30 000 – 50 000 €

Nguyen Phan Chanh (1892-1984) est né dans un humble village de la province de Ha Tinh et a grandi dans une famille d’érudits confucéens. Étudiant de la première promotion de la très respectée École nationale des Beaux-Arts de l’Indochine (EBAI) en 1930, Phan Chanh s’est particulièrement intéressé à la peinture sur soie à partir de sa formation classique.

S’inspirant du monde rural authentique, l’artiste privilégie dans ses œuvres les couleurs de la terre (brun, noir, ocre) qu’il rehausse de blanc. S’il s’appuie sur les techniques traditionnelles de la peinture chinoise, peignant sur soie, apposant calligraphie et monogramme, il en renouvelle l’esthétique par l’application de couleurs en larges aplats, en une composition dense et robuste. Il trouve un intérêt dans la documentation de la vie ordinaire des gens et de la vie rurale. Retour au village est une œuvre de 1955 qui dépeint avec précision le retour des soldats dans leur village après la libération du Nord-Vietnam en 1954. Les tableaux de cet artiste étant rarement mis sur le marché, Bonhams Cornette de Saint Cyr est heureux de proposer une œuvre inédite sur le marché provenant de la collection du photographe hongrois Miklós Rév (1906-1998). En 1959, Rév et le journaliste Imre Patkó se sont rendus au Vietnam et ont ainsi rencontré l’artiste Nguyen Phan Chanh. Retour au village avait été offert à Rév avec une inscription au dos de l’œuvre datée du 24 mars 1959, à Hanoi, au Vietnam. Estimation : 30 000 – 50 000 €.

Joan Yip, Spécialiste de Bonhams Cornette de Saint Cyr, a déclaré : « Le XXe siècle a marqué un tournant majeur dans l’art vietnamien. Nous avons rassemblé ici un ensemble important et cohérent d’œuvres du Vietnam avec des tableaux réalisés à l’huile, à l’aquarelle et à la laque. Ces dernières années, le marché de l’art vietnamien est sous le feu des projecteurs en France avec l’arrivée des collectionneurs vietnamiens. Nous envisageons désormais de faire des ventes à Paris deux fois par an. »

Autres lots phares de la vente :

  • LE PHO (1907-2001) Les pivoines et les delphiniums Estimation : 50 000-70 000€
  • HUYNH PHUONG DONG (1925-2015) Long Ong Ba Chieu Estimation: 4 000-6 000€
  • DIEP MINH CHAU (1919-2002) Bateaux de pêche sur le rivage Estimation : 7 000-9 000€
  • DO XUAN DOAN (NÉ 1937) Scène nocturne de quartier Estimation : 3 000-5 000€

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